Des chercheurs découvrent une abeille femelle issue de la fusion de 2 spermatozoïdes !

Des chercheurs ont découvert au sein d’une colonie d’abeilles jaunes, une femelle issue de la fusion du noyau de deux spermatozoïdes. Un tel cas n’avait encore jamais été rapporté chez les hyménoptères.

Les abeilles peuvent être gynandromorphes.

© ARDEA/MARY EVANS/SIPA

Les hyménoptères – ordre d’insectes regroupant les abeilles, les guêpes, les fourmis et les frelons – sont des spécimens dits « haplodiploïdes » : les femelles sont issues d’oeufs fertilisés et donc diploïdes (contenant deux jeux de chromosomes) tandis que les mâles proviennent d’oeufs non fertilisés et donc haploïdes (contenant un seul jeu de chromosomes). Enfin, normalement. Car les mécanismes qui régissent l’haplodiploïdie permettent l’émergence de quelques originalités comme par exemple le clonage de mâles, de femelles ou encore des cas de gynandromorphisme, c’est-à-dire la juxtaposition sur un même insecte de « zones » mâles et femelles. Intéressés par ces nombreuses possibilités, des chercheurs de l’Université de Sydney (Australie) ont prélevé dans une même colonie d’abeilles jaunes (Apis mellifera ligustica) 11 spécimens gynandromorphes et les ont analysés.

« Ces individus sont composés de 3 et parfois 4 origines parentales différentes »

Chez les abeilles, les spécimens gynandromorphes se développent grâce à la combinaison d’un zygote diploïde et d’une portion mâle haploïde surnuméraire issue d’un second spermatozoïde. Ce phénomène est possible car chez ces insectes, la fécondation peut être polyspermique : plus d’un spermatozoïde en est responsable. « Normalement, seulement un spermatozoïde fusionne avec le génome maternel afin de créer une femelle abeille diploïde et l’accès aux autres spermatozoïdes est empêché. Dans le cas d’une polyspermie gynandromorphe, le spermatozoïde surnuméraire n’est pas éliminé et fusionne avec l’amas de cellules. Ensuite, il se divise et devient donc une partie de l’embryon en développement », explique à Sciences et Avenir Sarah Aamidor, co-auteure d’une étude sur le sujet publiée le 28 novembre 2018 dans la revue Biology Letters. Ce phénomène peut être courant dans certaines colonies. En étudiant l’une d’elles, les scientifiques ont évalué le genre de chaque tissu de plusieurs chimères et ont également déterminé leur origine génétique (maternelle ou paternelle). Sur les 11 abeilles, 10 possédaient entre 1 et 3 génomes paternels distincts. « Nous avons montré que ces individus sont composés de 3 et parfois 4 origines parentales différentes : une mère et 2-3 pères. Et cela créé toujours une abeille viable », s’émerveille Sarah Aamidor.

Une femelle abeille issue de 2 spermatozoïdes

Enfin, le dernier insecte prélevé n’avait même pas d’origine maternelle ! « Cette abeille avait des organes féminins mais était issue de la fusion de deux noyaux de spermatozoïdes. C’est le premier cas rapporté de fusion de spermatozoïdes qui conduit à la formation d’une femelle chez les hyménoptères« , précisent les chercheurs dans leur étude. Ce phénomène est d’autant plus intéressant que « la fusion de deux spermatozoïdes chez les mammifères s’est révélée impossible, explique la chercheuse. Dans ce cas, notre hypothèse est que le génome maternel a été supprimé contrairement à celui contenu dans le spermatozoïde supplémentaire« . La fusion des génomes paternels et le gynandromorphisme auraient donc la même origine : une mutation génétique encore inconnue. Quelques mystères restent donc encore à percer.

 

Article original: https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/arthropodes/une-abeille-femelle-issue-de-la-fusion-de-2-spermatozoides_129904

 

 

Des chercheurs découvrent une abeille femelle issue de la fusion de 2 spermatozoïdes !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *