Les deux nouvelles lettres de l’alphabet génétique

Toute forme de vie sur Terre repose sur quatre « lettres » (A, C, T, G) qui, mises bout à bout, forment les gènes, autant ceux des bactéries que les nôtres. Voilà que des scientifiques commencent à ajouter deux lettres à l’alphabet — et qu’une bactérie est capable de s’en servir.

Déjà en 2014, une équipe de l’Institut Scripps, en Californie, avait annoncé dans la revue Nature être parvenue à insérer deux lettres supplémentaires — ou nucléotides — baptisées X et Y, dans une bactérie E. coli. Nucléotides qui avaient ensuite été transmis aux générations suivantes, chaque fois que la bactérie se divisait. Restait à voir si ces lettres supplémentaires étaient fonctionnelles, et c’est ce qu’une autre équipe de l’Institut Scripps, toujours dirigée par Floyd Romesberg , du département de chimie, prétend avoir accompli : produire de nouvelles protéines sur demande, lit-on dans l’édition du 29 novembre de Nature .

À long terme, l’objectif est de produire des protéines qui auraient un usage pharmaceutique, mais qui ne sont, pour l’instant, pas produites naturellement par des êtres vivants. Les chercheurs ont démontré qu’il était possible à une bactérie de produire de telles protéines « étrangères », et qu’il leur était possible de les récupérer. Reste à voir s’ils pourront produire des protéines qui serviront à quelque chose, plutôt que d’être une simple curiosité scientifique.

  • Paires de bases : parce que ces quatre lettres viennent toujours par paires, on les appelle des paires de bases. L’idée de créer des paires de bases « étrangères » remonte aux années 1960, et l’équipe de l’Institut Scripps y travaille depuis la fin des années 1990.
  • Gène : chaque gène est composé d’un nombre variable de paires de bases.
  • Protéines : les gènes qui intéressent ici les généticiens sont ceux capables de produire des protéines essentielles au bon fonctionnement d’un être vivant. L’idée derrière ces recherches en « biologie synthétique » est de créer des bactéries dont un gène serait capable de produire des protéines répondant à un besoin médical précis.
Les deux nouvelles lettres de l’alphabet génétique

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